Le club s'est enfin doté d'un portrait de maître Maroteaux pour figurer le Kamiza. Cette image sert à rappeler aux pratiquants et à l'instructeur qu'ils s'inscrivent dans les pas de ceux qui les ont précédés.
[Image composée par l'instructeur, grâce à une photo publiée par le maître. Sur l'image, les kanji épellent - de haut en bas - Take-Da-Ryu Ma-Ro-To-Ha. Sont également représentés le kamon du clan Takeda, en bas à gauche, et le kamon de la branche Maroto, en haut à droite.]
Au Japon, le Kamiza est, en pratique, la place d'honneur. Dans la religion japonaise Shinto, le Kamiza est souvent doté d'un autel sacré dévolu aux esprits (Kami voulant aussi "esprit", voire "dieu"). Ces autels sont présents partout, en particulier dans les maisons, et aussi dans les dojos. Ils permettent de prier pour obtenir la protection de ces esprits, de les honorer et de les remercier.
Dans un contexte occidental laïc, comme le nôtre, il ne s'agit pas d'honorer un humain comme un dieu. Le Kamiza est un symbole qui sert de lien avec la tradition martiale (le Takeda-Ryu Maroto-Ha), et avec la tradition culturelle japonaise.
Saluer le Kamiza n'est donc pas une marque de soumission, mais une marque d'humilité pour ceux qui avancent sur le chemin que d'autres ont emprunté avant eux. La figure du fondateur, du maître, comme la figure de l'instructeur, ne sont pas des figures infaillibles et indépassables, mais ceux qui montrent la voie (le fameux "Do"). Tout pratiquant doit donc s'entrainer, d'abord pour être à leur hauteur, puis, si possible, pour les dépasser.
Enfin saluer le Kamiza est une marque de politesse, typique de la culture japonaise. Dans un dojo, ou tout autre lieu où l'on installe un Kamiza, ce salut rappelle symboliquement aux pratiquants qu'ils entrent dans un autre lieu et un autre espace que celui de la vie ordinaire.